En attendant les barbares...
    

 

  Vlad Vlad

 

 

Waterloo.

 

 

11/06/2002.

 

 

  

I

arqué, journaliste et laquais, délégué par TV-Bouygues à la vente du produit foot, est catégorique : l'équipe de France a perdu parce qu'elle n'avait plus « l'esprit de compétition ». « Croire, obéir et combattre. » (Mussolini). Avec une lecture intensive des œuvres du Duce, les bleus auraient dû gagner ! Question : les footeux sont-ils capables de lire ? Pour taper dans un ballon de cuir fabriqué par des esclaves asiatiques, il n'est point nécessaire de déchiffrer l'alphabet, un footeux n'a pas besoin de savoir lire; juste d'apposer sa signature sur un contrat de pub, bien juteux de préférence. Ça, au moins, ça rapporte. Même quand on perd. Pas vrai Zidane ?

II

Le discours beauf millésimé des journalistes sportifs a toujours de quoi nous étonner, la débilité profonde de ces sangsues nationalistes transparaît dans leurs oraisons. Ainsi, à Séoul, le 11 juin, « Les rouges envoient les bleus en enfer. » Terrifiant ! TV-Bouygues pointe la fin d'une légende. Tant mieux ! Il leur reste le voyeurisme du chagrin, c'est assez maigre, le chagrin et la tristesse, pour amortir les 168 millions d'euros investis par TF1 dans les droits de retransmission du mondial ! TF1 donne une image forte de l'intelligence française; pour s'en convaincre, il suffit de voir et écouter Flavie Flament, gourde et blondasse inepte, tresser des lauriers aux vaincus de Séoul. Pour elle et ses congénères, la « chance » n'était pas au rendez-vous. Dans une prochaine vie, Flavie Flament devrait se faire greffer un cerveau ! (Ça peut parfois être utile.)

III

Déjà, la traîtresse Taubira avait eu le culot de faire perdre à Jospin —protestant austère— la présidentielle. Les sénégalais, ces ex-colonisés qui ne respectent rien, ont eu l'impudence de faire chier les bleus. Merci au Sénégal mais aussi aux Danois, la chute de la France des cons a toujours quelque chose de réjouissant, comme la sale gueule de Pernaut, décomposée par la perspective de moins-values sur son stock d'actions Bouygues. Vive le Sénégal et honneur aux Danois !
Et merde aux footeux, lofteux, teupeuh, taiseux et autres indigents mentaux qui alimentent le fonds de commerce du spectacle !

III

On attendait Grouchy. Ce fut Blücher. Waterloo, morne plaine… Le mondial 2002 vient enrichir un imaginaire français déjà riche en défaites : Crécy, Azincourt, Trafalgar, Waterloo (chiens d'anglais !), Sedan, Mers-El-Kebir, Dien Bien Phu, et maintenant Séoul ! Ces maudits danois n'ont aucun sens du respect. Jusqu'à nous priver de l'effet fédérateur et unanimiste du foot sur une société française quelque peu malade !
Dans la série "les connards produisent de la valeur ajoutée à leur connerie", on cite (Libération, 11/06/02) : « Les bleus doivent gagner pour nous faire revivre ces instants magiques et inoubliables, à jamais gravés dans nos mémoires, d'unité nationale, de communion de tout un peuple, sans distinstion d'origine et de distinction sociale. » C'est beau comme du Chevènement ! tant de conneries en si peu de mots, c'est émouvant. Mais l'imbécile anonyme qui s'épanche, lui et sa débilité congénitale dans "l'Écho des Start-Up" pointe un problème social grave : que faire et à qui expédier les tonnes de maillots des ex-champions et autres produits dérivés, massivement fabriqués dans les ateliers clandestins du Sentier ou de Séoul ? même les rwandais n'en voudront pas ! terrible destin que celui des produits dérivés quand souffle le vent de la défaite. C'est un scandale : tant de cash investi pour du vent. Silence, on solde ! Et, plus dure sera la chute.