Vlad
  
Vlad / Dies Irae /
   
    Dies Irae II été 2008 Vlad   
       
   

Les belles paroles font bouillir la marmite. Ou le chaudron du Diable, qui touille différents ingrédients, connus de longue date : bassesse, ignominie, cupidité, ignorance, hypocrisie, félonie, trahison, arrogance, bêtise. Certains se complaisent au goût de la soupe ou jouent des coudes pour y accéder. Malheureux arrivistes qui n'arrivent même pas et seront la proie des lémures !
Ceux qui s'approchent trop du chaudron finiront par y cuire, ébouillantés.
Quant aux autres, qu'ils mangent de la pâtée pour chiens, si cela leur convient. À trop adhérer à ce monde, on a ce qu'on mérite.
À chacun son dû.

— Quand la langue pourrit la conscience, exhale des relents putréfiés. Celle des communicants en particulier; le communicant est une larve hybride, qui parle comme une larve, dans un monde peuplé de larves, à l'instar de son mental de débile semi-vivant. Le communicant ne parle pas, ne raisonne pas, il chie des truismes, assortis d'énormités sémantiques. Ponctuez vos phrases de références à « l'Autre », qui doit être « solutionné » dans une nouvelle « gouvernance », exempte bien sûr de toute « partisannerie »; pourfendez les « archaïsmes », injectez de la moraline à haute dose pour recréer du « lien social », formule magique qui dissipe l'obscurité; posez-vous en orthopédistes de la « fracture sociale », dénoncez toute « maltraitance » anti-démocratique. Respectez le droit des cons à être ce qu'ils sont, soyez « différentialistes », jouez sur la fibre « associative » et conviviale — ou, au choix, la délation de « proximité ». Abusez de « quelque part » et d'« ailleurs », ponctuez vos chieries et vos diarrhées verbales de « tu vois » (non, je ne vois pas), «tu sais » (non, je ne sais pas), de « tout à fait » (non, on ne me la fait pas). Et vous serez mûrs pour le cyberlangage de l'Esclave.

— Sans être adeptes de la délectation morose, nous avons raison de nous méfier de l'enthousiasme. Surtout lorsqu'il conduit au crétinisme extatique des futures martyrs ! Sans distinction de couleur, d'idéologie ou de nationalité, le crétinisme est la chose la mieux partagée dans les démocraties post-modernes, où il n'ya plus grand chose à partager, sinon une forme très perverse de l'Égalité, l'égalité dans l'abrutissement.
Quand l'idiotie devient norme, être asocial a valeur de vertu.

— Tout va bien. Valeurs en hausse : binge drinking et meurtres au couteau. Ou l'extension des Dead Zones. S'il n'y avait que la décomposition des algues pour tuer l'oxygène... Prolifération des planctons venimeux et autres intégrismes idéologiques : le système suscite le baiser de la mort sur une échelle maximale. On meurt par habitude car on crève par inertie. Il s'agit de se secouer si l'on ne veut pas que la seule paix qui règne sur ce monde soit bientôt celle des cimetières ou celle issue de la logique du memento mori...

— Certains font de l'humanitaire comme d'autres se shootent à l'E.P.O. — ou à l'héroïne. Attention à la bulle d'air dans la seringue !

— Veritas odium parit. S'il est une suite, va voir ailleurs.