14_Mardi

{16:03} troisième partie

Avant que je n’oublie
C’est vrai il y a d’abord eu tout ce truc, cette inexorabilité de l’entrainement (auquel j’ai essayé d’échapper dans la semaine qui précédait le concert, je crois) qui a fait que oui j’ai eu envie de voir The Knife en concert et que oui j’ai fait like de leur page faceb**k et oui j’ai fait going sur la tournée et après j’ai reçu des infos sur la tournée à venir et oui il fallait s’inscrire pour recevoir une annonce de la pré-vente des places pour les oui les fans et là j’aurai pu décrocher à chaque instant et je ne l’ai pas fait par défi, je pense, défi et gout de l’expérience aussi essayer de retrouver ce dont je parlais dans les posts précédents (il y en a 2 sur ce sujet spécifique TROUVEZ LES) qui est un conformisme et un acquiescement, et oui j’ai reçu l’info qui disait tel jour à telle heure sur tel site et tel jour à tel heure j’étais sur tel site, entre temps j’ai pensé ah c’est comme ça que ça se passe, j’étais un peu émerveillé de cette découverte, un peu une exploration du monde des fans de trucs connus {entre temps aussi, j’ai entendu dire « non on ne peut pas parler de the knife dans notre mag parce qu’ils ne remplissent pas le zénith » et j’ai fait un petit tch intérieur} donc je savais que ce n’était pas au zénith mais je ne savais pas où ce serait et sur le site le jour et l’heure venue BIEN SUR, ça je le savais, c’était saturé le site et alors j’ai eu la présence d’esprit d’aller sur fb et là il y avait tous les gens qui disaient mais c’est saturé, c’est saturé, en anglais et il y avait écrit oui BIEN SUR c’est saturé alors vous allez là sur un autre site pendant ce temps là vous êtes au travail et vos collègues vous posent des questions alors qu’il y a une fenêtre très courte pour aller sur le site et là ça marche et sur fb il y a tous les gens qui disent mais il n’y a plus de place à Munich ou à Milan mais quoi déjà ils disent en anglais mais oui BIEN SUR qu’il n’y a déjà plus de place mais moi c’est bon. Je reçois un mail de confirmation. Les autres fans ils disent sur la page fb, ils disent quoi mais le site ne marchait pas et comment on aurait pu savoir qu’il y avait un autre site et à munich c’est à se demander si qui que ce soit a pu avoir une place alors j’ai pris francfort et je vais faire 300 kms et pourquoi ceci et pourquoi cela et the knife comment se fait il que vous soyez si mal organisés Olof et Karin, quoi, et que vous respectiez pas vos fans toutes ces questions qui font que moi je suis moins con que ces fans là, premier résultat. Oui vous le savez aussi que je le savais déjà, d’ailleurs j’arrive moi toujours à m’asseoir dans le métro, toujours. Et il faut toujours s’asseoir, toujours, car le métro peut très bien s’arréter subitement deux heures dans un tunnel ou même, si, repartir en sens inverse, si.

Ensuite le disque sort, je l’écoute une fois mais je ne suis pas intéressé par ça, je ne vais pas me gacher un concert avec un disque, là je ne sais pas comment font les autres fans il y a séparation dans l’expérience. La dernière fois je crois où je me suis posé des questions sur tout ça et qu’il y a eu, vraisemblablement, une rupture dans l’expérience du concert, c’est quand j’ai vu Sparks. Sparks à l’Olympia, bien avant qu’il ne bouge de quelques dizaines de mètres, donc on arrive et il y a les sièges de velours rouge, là je ne me rappelle plus si parfois ils les enlevaient mais déjà ça paraissait incongru, de s’asseoir et on nous a tous donné un programme.

Ce programme et je l’ai toujours d’ailleurs, mais c’était incongru d’ailleurs je me revois très bien comme si j’étais extérieur à moi-même tenant ce, très joli, programme dans la main en me disant que c’était étrange, un programme comme au théatre, alors que c’était coutumier j’imagine. Ensuite c’est la semaine du concert de the knife et je vois beaucoup de fans qui disent que c’est très mauvais, je ne vois pas les autres, et j’arrive et les gens sont normaux, rien de spécial, un peu manif pour tous {je dis ça pour me faire rire moi-même, je ne me suis pas intéressé à ces manifs, en tous cas ça n’est pas le public de la contre manif pour tous, pour l’autre truc pour tous}, et dans ce public il n’y a que A. que je connais et puis elle il y a A. qu’elle connait, au concert de Sparks je ne connaissais personne mais à cette époque là on pouvait parler aux gens, assis sur nos petits fauteuils rouges, c’était sans lendemain parce qu’ils n’avaient pas les autoroutes de l’information et ça, ça n’était pas plus mal. Je ne dis pas à A. que j’ai lu partout que c’était nul, d’ailleurs je me refuse à le croire. Ah oui, une dernière précision pour ceux qui n’ont pas envie de tenter cette expérience eux même : on ne peut pas amener de boisson (ou à manger, ce qui est secondaire) dans la salle ! je mets un point d’exclamation parce qu’est ce qu’on va faire si on a rien à tenir à la main à l’intérieur point d’interrogation.

A l’intérieur, non je ne suis jamais allé à la cité de la musique avant, il y a des places assises en haut et en bas non. On est en bas. Je crois que je ne vais pas avoir la force de décrire le concert et de dire comment c’était super, c’était vraiment super. Enfin ça commence il y a une intro qui n’augure pas bien du reste alors je ne vais pas en parler, ça n’est pas entièrement ridicule et ça n’est pas convaincant et il y a un mini doute comme quoi ce serait un danseur contemporain vachement connu et on se perd {pas moi} dans l’identification de ses fesses peintes dans son mini slip, l’autre danseur à la peinture naturelle lui n’essaye même plus au bout de 2 minutes de faire ce qu’il était censé faire, j’imagine chauffer la salle, comme jacques higelin avant sparks.

Après il y a un spectacle. Enfin on n’est pas sur encore de ça et je préfère ne pas le savoir, voilà : il y a un genre de roadie en robe de chambre, ou veste de boxer à capuche, glitter qui passe et qui tape sur la batterie et fait paris bordeaux le mans en suédois dans le micro et il {a partir de maintenant remplacez tous les IL par des ELLE} passe avec une petite lumière de scène comme font les roadies ou les regisseurs son ou les gars comme ça.
Le spectacle nous dit les instruments fonctionne, ça c’est ce que A. a compris et a dit après, moi j’ai compris les instruments fonctionnent. Puis il y a des gens qui viennent sur la scène et qui jouent et chantent et dansent, de façon très convaincante et puis surtout un son énorme avec des basses qui font bouger la peau et des morceaux tous terriblement bons et des chorégraphies parfois super drôles, oui j’ai ri plusieurs fois. Bon, moi j’avais lu avant qu’il y avait 3 morceaux chantés par le groupe et que le reste c’était 1) que du playback 2) comment vous avez pu faire ça à vos fans ? seulement moi tout me semblait fait par le groupe et puis je ne sais pas comment effectivement au fur et à mesure il y a le doute, tous les instruments prennent lentement l’air d’être en carton-pâte, glitter, ou fluo, et les uns et les autres jouent tous indifféremment d’un instrument ou de l’autre enfin je crois, et puis il y a une fille qui joue d’un genre d’instrument à vent, disons qu’elle souffle dedans, voilà elle souffle, et l’instrument je ne le connais pas ALORS QUE JE LES CONNAIS TOUS LES INSTRUMENTS les trucs noirs là c’est Yamaha, des controleurs MIDI dirigés par le souffle, surtout Yamaha qui faisait ça mais celui là il est sans fil comment c’est possible qu’il soit sans fil, j’ai oublié, j’ai un doute, et puis après les deux A. elles me disent que non il n’y avait pas de garçon sur scène il n’y avait que des filles d’ailleurs qu’elle était trop mignonne le fille blonde avec sa barbe et ses lunettes qu’on voit dans le miroir géant à un moment. Je pense qu’il y avait des garçons et les filles elles me disent non, enfin sauf peut etre celle avec sa tresse, sa queue de cheval, moi je dis oui ça c’était un garçon vous voyez bien mais les instruments c’était pas des instruments, enfin si le gong, le gong peut etre que c’était un gong. Et est ce que Karin c’est celle qui a des grosses cuisses ? je n’ai pas osé leur poser la question aux deux A. et je serais incapable de les reconnaitre si je les croisais dans la rue, O. et K., je dois dire, pas un vrai fan alors, pas comme le type qui tenant par la main 3 ou 4 ami(e)s à lui et qui est venu se mettre, en dodelinant, il venait de loin, à côté de moi en hurlant ON Y EST, ON Y EST on reste là il leur a dit et il y avait ce gros son et la musique formidable, musique de danse avec des gens qui dansent sur scène et puis subitement, c’est là que c’était le plus beau et, pas le plus troublant mais le plus révélateur du dispositif, subitement il y a la musique et des lumières et il n’y a personne sur scène du tout, il y a des lumières et de la musique de danse et nous et le noir. Je ne vois pas comment on peut se sentir arnaqué par un tel moment, si bien amené, si subtil et sans perte d’énergie, même une énergie supplémentaire induite par une légère désorientation {est ce que c’est fini ? dit A.} et si c’était fini ça serait déjà grandiose et ça n’est pas fini et ils sont sur scène et ils dansent et ils chantent et ils ne jouent pas, les fans prennent des photos de téléphone quand la musique enfle, et soit, eh bien oui on pourrait se poser des questions et même y répondre et je ne vais pas le faire ça ne m’intéresse pas parce que j’étais là. Donc ils jouent et la musique est vraiment très bien et puis ils dansent comme si ils étaient nous sur scène et dans ma tête ça se termine comme ça il y a du noir et des traits de lumière qui bougent vers nous dans ce noir et ce son et des formes humaines qui bougent dans cette lumière et on y est.

127895_the-knife

15_Vendredi

{0:13} rouge du plaisir que vous ne m’avez pas donné

7_Jeudi

{23:35} je n’ai qu’une envie

c’est d’écouter cette chanson
une forme de gaité
qui correspondrait à quelque chose
une forme de libération

alors autant le faire
l’écouter
on ne sait jamais
avec vous
une forme de gaité
j’hésite à le dire
partagée

écoutons

12_Mercredi

{23:08} La automarginación mejor que la masturbación La automarginación es pura autodestrucción La automarginación es un vacile del copón Automarginación es igual a descontrol

ou alors

This song is over
I’m left with only tears
I must remember
Even if it takes a million years

The song is over
The song is over

except in one note, pure and easy
Playing so free like a breath rippling by.

en fait j’avais commencé à écrire une chanson
et je l’efface devant vous
je ne t’en veux pas de ne pas m’avoir aimé
je ne t’en veux pas je me suis trompé
sur toi

une chanson
pour moi

je me dis que Pete Townshend croit, lui, à l’existence de la Nature concept que je m’évertue à retirer de la tête de mon enfant, la Nature n’existe pas c’est une création de l’être humain
je suis obligé de dire des trucs comme ça parce que à la télé ils parlent tout le temps de la Culture
par exemple le musée de leur art à Lens, comme si à Lens il n’y avait pas de culture comme si les classes opprimées n’étaient pas productrices, au moins ça quoi, de leur propre culture et comme si on ne comprenait pas leur petit jeu de salauds à ouvrir un Louvre ici ou là
on comprend
l’oppression par la culture
l’oppression partout et tout le temps
dans le temps des loisirs, l’oppression
le toujours plus fort que vous
partout
salauds, pensais je et puis je vois une femme qui se lève alors qu’elle est assise et elle s’approche d’autres jeunes filles qui parlaient entre elles et elle s’assoit à côté d’elles
et elle leur parle
je vois que cette femme est marocaine, comment je le saisvois est un mystère, fiable toutefois à 80%, je crois que sais distinguer aussi une cambodgienne d’une coréenne, les hommes non je ne sais pas, tout ça est ridicule mais ça existe bien, ça existe ces distinctions aujourd’hui dans le reich valls/hollande et au delà, je suis contre et pourtant je peux m’y référer tout seul dans ma tête et ça ne va pas et cette femme explique que les dérivés ça sert à calculer la marge
je me suis demandé comment faire pour retirer la langue maternelle
comment faire pour enlever ça complètement et qu’est ce qui reste et qu’est ce qu’on met à la place
moi ce serait le finlandais
j’enlève le français, peut être un moment rester sans rien du tout pour voir
et je met, moi,s le finlandais
est ce que je me mettrais subitement à parler de la marge et des dérivés ? peut être la vie
serait plus belle!

vous voyez bien
ce que je veux dire

le russe!
le finlandais!
l’allemand!
femme cambodgienne!
la marocaine!
le turc!

pauvre petit français,
pauvre petit homme
français

6_Jeudi

{17:20} travail de commande

ou commande de travail
ou alors
beaucoup d’échange d’amour
{sauf un}
une perte et beaucoup de victoires, vous savez
c’est mystérieux et c’est amusant, vous savez, vous le savez

donc je me suis rendu
en un endroit pestiféré et maudit
pour y voir mes amis, qui y furent bien jolis
sur le pavé et dans la nuit
oui je fais de la p*ésie car je suis
entrain d’écouter un bien bon disque récent qui aurait tout pour m’horripiler car sur la pochette il y a
- une bite
- une coiffure iroquois
- le mot p*nk
et c’est très réussi quand c’est tout ensemble
bien sur, avoir écouté par erreur toute la face A en 33 tours participe probablement à cet enthousiasme
bien sûr, oui

hier j’avais pensé
the winner takes all
en marchant dans la rue
et j’avais pensé
autre chose
que j’ai oublié

une fois arrivé, cette année pas de neige
{sauf un}
autant le dire tout de suite on passe directement au concert de popol gluant
je lui ai dit, mais peut etre cela ne regarde que lui
et moi, je lui ai dit qu’il était important pour moi de pouvoir lui dire comme son concert m’a plu avant qu’il ne s’en aille et ne passe, peut etre, un risque, sous un bus
j’ai beaucoup aimé la façon dont il se tenait
en particulier avec sa bière au bout du bras horizontal un peu plié
après une introduction formidable qui me faisait penser {ici vous pouvez introduire mes vaines recherches de magritte vache ou paul mccarthy mais ça n’est pas bon, pas ça, puisque je ne les mets pas moi même et que ce ne sont que des images} en beaucoup plus dépouillé et fnalement mordant et terrible et puis un chouette rythme et puis une impossibilité, une fin
donc, dehors
{pas d’amour, enfin si beaucoup et le froid et l’absence}

ah oui le sourire qui est apparu dans le noir
comme c’était
plaisant

ensuite donc
je crois que je suis obligé de mettre le nom du groupe
c’est pour ceux qui cherchent
et qui cherchent à comprendre
mais j’ai déjà mis le nom du groupe souvent
donc ils arrivent et tous les vieux fantomes sont là, et d’autres, et dansent et interdiction de fumer et
pour une fois on entendait et voyait drolement bien le son de ce que faisait erik
ce qui était une révélation et une énigme et donc une joie tremblanteet je voyais aussi le maillet {?} qui s’écrasait dans la grosse caisse de nicolas
je me suis dit que tout ce passait en dessous et que je ne le savais pas
et puis il revisse son matériel avec un gros tournevis rouge
puis ensuite guitare je me suis demandé comment lionel, comment il faisait pour être aussi hirsute
après je me disais guitare et puis il se battait avec sa bretelle c’était beau et desespéré de le voir relancer sa bretelle par dessus son dos comme un cheval qui voudrait son harnais et c’était inutile et libre, alors j’ai pensé bêtement free rock
{sans étoile}
free rock sans étoile
mais pas rock vous comprennez
groupe: sister iodine

merci pour l’amour
et même toi

cigarette
cigarette

whisky

2_Dimanche

{16:23} voyons voir

ma nouvelle friend favorite sur fb c’est une dame
elle s’appelle lisa carver et c’est une maman
alors elle raconte des histoires de maman
avec ses enfants
qui vomissent, les pauvres
et qui sortent le soir tard
et j’aime bien les enfants, de plus en plus je m’en rends compte
elle vend des trucs aussi
pourquoi je me suis intéressé à elle
su-bi-te-ment
pas parce que l’ami ec m’en parle souvent et pas parce que je n’ai aucun disque d’elle
ce qui est fou, c’est vrai, fou
bon j’avais téléchargé ce disque dont on parlait ici, la liste de tom carter {l’autre type n’a pas l’air bien fûté} et il est très bien , vous voyez
à un moment on peut arriver à ne pas préter attention au fait qu’on est bien sur fb et que tout est nul, laid et blanc
le formalisme du contrôle des existences, je crois que ce qui nous tue {nos amis} le plus souvent et le plus facilement c’est la tentation de l’ouverture à tous et la visibilité mondiale {comme ils disent}, lisa suckdog elle, elle met par exemple, une série de photos faite au téléphone, elle rentre dans une pièce et dedans, c’est assez sombre il y a des gens tous nus qui font des exercices physiques, vous voyez, du vélo d’exercice, du stepping ou je ne sais quoi encore
j’ai peut être révé cette séquence
non j’ai révé d’une fille qui s’appelle echneivid et qui est noire, noire claire, elle est assez jeune, echneivid et elle m’embrasse dans un cinéma ou l’on s’est assis assez loin du collègue de bureau qui nous y a emmené, lui il est grassouillet et chauve ce qui est vrai, on vient de rater le départ du bateau vers londres c’est la nuit
en vérité je n’ai fait qu’un voyage avec lui, vers liège ou nous devions sauver l’informatique du groupe cockerill Cockerill Sambre c’est photogénique ces saloperies
le collègue est outré qu’on ne se soit pas assis avec lui et il fait des yeux ronds dans sa face ronde et lisse
à un autre moment je me suis dit que j’allais ré-écouter le swans
ce que j’ai fait
j’en ai conclu qu’il y a UNE bonne face sur 6
c’est la 2
j’ai fait un gros effort et j’ai été vraiment déçu car j’avais l’espoir de m’étre trompé
ce disque ne tiens pas et croule sous le pointids de son emphase et de ses collaborations inutiles

attendez
je pense à des gens qui perdent leur pantalon

attendez
parfois beaucoup trop de cheveux

attendez
j’ai aussi fait le voeu de ne plus acheter de vieux disques en 2013
ah ah je ris de me voir
si, ah ah
je ne sais quoi

je pense que DJ Roc est meilleur que DJ Nate non dj nate il a une bonne face sur 6, mais une très bonne face lui au moins et en plus il débute et il est tout jeune
non tout ne se vaut pas et on ne peut pas embrasser toutes les cultures mais c’est comme ça
je pensais avoir à dires des choses plus définitives que ça
j’ai oublié
surement

echneivid

sinon j’ai un problème avec l’argent ne m’en veuillez pas si vous vous y trouvez confronté, j’en ai beaucoup de remords

1_Lundi

{20:00} Je suis allée voir un concert épouvantable





Si vous lisez ce blog normalement vous ne savez pas qui est Joss Stone. Je la connaissais pas non plus quand R. m’a proposé d’aller la voir au Trianon. Je pensais que ce serait un bon entrainement avant la rentrée du Non_Jazz. On était invités par C., un producteur de schlagers qui arrondit ses fins de mois en jouant du clavier sur sa tournée. C. est dans le show business, il a un studio dans un moulin à quelques kilomètres de Munich où il fabrique des chansons à la chaîne. On lui a rendu visite cet été, c’est un gars très marrant bien qu’il travaille pour le diable.

A 20h on étaient deux à repousser les vibes dans une salle remplie de fans de Barbie Ashram. Les vocalises se cassaient les dents sur mes boules Quies, j’avais tout le temps d’apprécier la navrance des paroles, une exploration complète du pathos féminin : chercher un prince et se faire larguer. Je pouvais voir les cascades d’émotion rouler sur les ados du premier rang, se répandre sur mes voisines et essayer de s’infiltrer à travers mes mousses protectrices.

La pression est montée d’un coup quand Joss Stone nous a demandé sur un ton badin si on étaient bien avec elle ? Là les gens ont commencé à vraiment se déchainer et à hurler des “yes” délirants mais c’était pas assez fort pour Joss Stone qui a répété la question et à chaque fois la réponse était plus aigüe. J’avais les mains moites et la tête tendue comme un bouclier en fonte, je pensais à Jendrek Zagorski, et je n’étais même pas sure que R. passait un mauvais moment. Après ça la foule est devenue tellement compacte que j’arrivais même plus à imaginer me barrer.

C’était l’heure de la chanson triste, comme si cette mascarade n’était pas déjà une longue métaphore sur l’amour impossible et pas réciproque. Imaginez la souffrance d’une fille de 25 ans qui passe sa vie à boire du coca light dans des bus de luxe, et qui doit dire je vous aime à des centaines de types hideux tous les soirs. Pitié quelle violence, je sais pas, comme si Céline Dion avait avalé Whitney Houston ou quelque chose comme ça, et entre deux gorgées de soft drink des improvisations sur l’âme, “on est tous un”, et des remerciements chuchotés à 120 décibels. Après c’est vrai que j’ai jamais kiffé la puissance vocale, et j’ai un problème avec le lyrisme, la seule chanteuse blonde de soul que je respecte est noire et morte. Ce concert m’a mise au clair avec cette question. Cette fille est un composite de tellement de trucs connus qu’elle glisse comme une tranche de jambon sur un pot de crème Nivea. C’est difficile à expliquer parce que pris séparément elle a tous les attributs de la bonnasse, mis bout à bout ça donne une absence totale d’humanité.

On a tenu jusqu’à la dernière la chanson intitulée ”Leave me alone”, ça s’adresse à un amant pas cool, les fans se sont tout de suite sentis visés et ils n’étaient pas d’accord. Ils ne voulaient plus lui laisser finir son boulot alors qu’elle les suppliait de la laisser alone, et moi aussi, mais ils disaient non non non, ça a duré dix minutes, après ça a encore été les rappels, et puis la lumière s’est enfin rallumée et les mecs de la sécurité ont dispersé tout le monde sauf nous car l’épreuve n’était pas encore finie.

C. est venu nous chercher à la sortie pour nous emmener dans les backstages. Je devais faire une gueule pas possible, en même temps je savais ce qui allait arriver. Les musicos chillaient sur un canapé en réclamant du Ice Tea à leur manager. Joss Stone roulait un joint sur une table avec les deux grosses choristes. Elle a levé les yeux pour nous demander comment on avait trouvé le show, j’ai même pas eu l’impression de me forcer en répondant “great”, et elle est retournée à son roulage. Le plus glauque c’est qu’elle avait l’air moins fausse que moi dans son vieux gilet beige, et puis c’est le genre de lâcheté que je suis contente de pouvoir partager avec vous.


je cherchais une chanson d’amour old school et non embarrassante, il y a ce clip qui circule depuis quelques jours sur facebook. La fille s’appelle Bonnie Banane, elle est française, son flegme est assez bandant. Le morceau est sorti la semaine dernière sur Weird Data, il aurait dû être fait il y a 18 ans, c’est ça le progrès.


21_Vendredi

{21:28} ce truc est trop bien pour rester sur cette saloperie de faceb**k

18_Lundi

{18:49} et aussi ça

je dis ça
parce que j’ai
eu des cadeaux
car je suis
un père

méritant

salut

16_Samedi

{16:16} leçons de danse

…en passant
Bon alors ce matin, j’écoute ça et je dansouille devant la chaîne basse-fidélité

Et tiens, la demoiselle-qui-aura-3-ans-mardi danse avec moi, je trouve ça bien (ah les parents des enfants…). Chou.

Et, tout soudain, je me dis, oula, elle danse comme moi là, oula, ça va pas l’aider à s’intégrer à l’école en septembre, oula, ce genre de musique ce genre de danse

C’était en passant.
je vous mets deux autre vidéos de Wavis tenez :