20_Dimanche

{12:55}

Rien ne se passe jamais comme prévu : j’avais posé quelques livres sur le lit, fait couler du café et téléchargé les EPs de My Bloody Valentine.

Ensuite je m’arrête, j’écoute la musique. Je ne trouve pas ça désagréable, des fois même très joli. C’est problématique il me semble (de trouver ça tellement mignon ?). En tous cas, je réfléchis. Je vois sur twitter l’annonce du post de Guy, je viens écouter le premier morceau (pas encore le deuxième). J’ai oublié les livres et le café refroidit. Mais le morceau me plait.
Me revient en tête l’ébauche de quelques idées que je voulais écrire ici. Mais c’est flou (bien sur). Alors je remets My Bloody Valentine en fonds et je lance X-Com (c’est un jeu) que j’ai téléchargé en torrent, dans une version pour mac. Je tue des aliens et je mets des armures à mes troopers.
J’ai perdu une heure. La musique s’est arrêtée ; je vais sur Itunes (je suis en train de ranger mes fichiers, depuis que je me suis rendue compte qu’il y avait plein d’albums que je n’avais jamais écoutés). Je mets un truc de Möslang et Guhl qui a l’air très bien. En fait ça dépend : on dirait parfois le free jazz que j’écoutais il y a 10 ans, quand j’allais à Musique Action, à Vandoeuvre, avec des gens qu’aujourd’hui je ne vois plus. J’ai vu, en vidant mes dossiers de spams, que certains de ces gens sont maintenant des poètes sonores reconnus. D’autres font de la musique. Il y en a certains que je vois toujours, bien sûr.
Bon maintenant je repense à autre chose, d’une autre manière (ce qui veut à peu près que je ne sais pas vraiment à quoi je suis en train de penser – enfin ça ne veut rien dire, vraiment).

Bref, il y a cette perspective bizarre, dans laquelle je nous vois tous, des silhouettes colorées sur un plateau en carton. Je vois ceux qui font de la musique, de la poésie, des livres. Je nous vois 10 ans (15 ans) plus tôt. Je vois les autres, je me vois moi. Je me demande où se situent les choix qu’on a fait, ou pourquoi on les a faits.
Est ce qu’on est là où on voulait être ? Oui la question est un peu con, évidemment.

A un moment le disque de Norbert Möslang et Andy Guhl était pas mal, mais maintenant c’est assez franchement chiant (j’ai mis le My Bloody Valentine à la corbeille, aussi).

Avant, j’expliquais que je m’étais fait tatouer pour inscrire sur ma poitrine un rappel à l’ordre : que le moi de demain (d’aujourd’hui donc) se souvienne qu’il évolue sous le regard sévère du moi d’aujourd’hui (hier). Enfin bon, ça ne se passe donc jamais comme prévu et aujourd’hui je suis incapable de savoir ce que j’aurais pensé (ce qu’on aurait pensé, ces amis, ces anciens amis et moi) de ce que je fais aujourd’hui, de ce qu’ils font. Je me rends compte, seulement, que rien ne colle vraiment derrière l’aspect d’une correspondance parfaite, d’une adéquation idéale entre nos aspirations de jeunesse et nos activités actuelles. Enfin, je ferais mieux de ne parler que pour moi. J’imagine que d’autres sont peut-être satisfaits, ou ravis, ou fiers.

J’avais prévu de mettre un morceau d’Ornella Vanoni, mais en fait non.

{11:23} pour Nabila III

la journée ne pourra pas être pire
que celle d’hier

si ?

19_Samedi

{18:22} je dédie cette chanson à ceux et celles qui se demandaient où j’étais pendant

ces six derniers mois

les autres sont des connards
ou des connasses

et la voilà
en entier

18_Vendredi

{23:38} oh la

la, c’est trop beau
cette page

{14:01} actualités

le retour du
ça fait peur
non ?

17_Jeudi

{22:11}

j’essaye de dormir

16_Mercredi

{20:36} allez

13_Dimanche

{14:47} Tags rue LOL mourir nazi banane cheveu sarkozy

Je me suis jamais battue pour la moindre idée politique, d’abord parce que les miennes sont indéfendables, ensuite parce que je me suis toujours tenue à distance de mes ennemis. Mais comme d’habitude je suis en retard et je trouve pas la rue. J’entre dans un restaurant, les deux meufs n’ont pas l‘air de savoir où elles habitent. Tout est fermé, je viens de rater la tête de Hollande sur l’écran lcd. On entend des petits cris de joie par les fenêtres, l’ambiance dans la rue est plutôt maussade. Devant le Rex un gros malabar me dit que les français sont des nazes, je peux pas lui donner complètement tord, je lui demande quand même mon chemin. Il répond « première à droite » et je fonce dans la direction indiquée. Je mets cent mètres à réaliser la blague. Je repasse devant le gros qui ricane : « la France est foutue ». Au coin je vois la rue que je cherche, il reste quinze mètres. Je trace vers mes chips à l’ancienne. C’est là que les choses prennent un virage dramatique. En passant devant deux beurettes, je les entends qui se foutent de ma gueule : « mate elle, comment elle rentre pleurer pour Sarkosy », hinhinhin.

En temps normal ça m’aurait plutôt fait marrer qu’on me prenne pour une sarkosiste, mais le type m’a vraiment énervée et je fais un truc débile, c’est à dire que je me plante devant les deux ados et je leur demande si elles font un micro trottoir, parce ça m’intéresse de savoir pour qui j’ai voté, tu vois. Les pouffes sont hyper excitées, elles commencent à m’insulter direct en prônant la liberté d’expression. Je suis dans la merde, je tente un ta gueule666, et je me casse sans attendre la réponse.

Au bout de 2 mètres, je sens une douleur énorme dans les cheveux, j’ai juste le temps de me retourner et d’agripper la brunette qui essaie de m’arracher le scalp. J’essaie de me rappeler mon manuel de self défense pour femme, j’attrape une touffe de ses cheveux et je tire comme un dingue. Je sens ses vertèbres qui plient. Sa copine vient en renfort et commence à insulter ma mère en me donnant des coups de pieds. Je leur dis que c’est des pauvresses, à deux contre un, et qu’elles ont pas de couilles. L’insulte a l’air aussi efficace que l’insulte maternelle sur moi. J’ai le cuir chevelu en feu, et l’autre folle qui me botte les fesses avec ses talons compensés, c’est l’humiliation. Il y a au moins trois personnes qui regardent la bagarre dans le café en face, plus l’épicier qui nous conseille d’arrêter en surveillant ses bananes. Finalement c’est leur pote blackos qui nous sépare et me dit de me barrer fissa. J’essaie de me remettre du petit incident dans la cour de l’immeuble. J’ai une poignée de cheveux en moins et le cou démis. En haut j’entends mes potes qui se congratulent, et trinquent à la solidarité. Comme ce site est un blogue d’humeur musicale, je vous mets la musique que j’écoutais juste avant qu’on me révèle mon appartenance politique, sa mère.

12_Samedi

{22:15} Comes with a yellow insert and a sticker

On ne trouve vraiment plus rien dans les Records & Video Exchange, ou ridiculement cher
je n’ai acheté aucun disque à Notting Hill, ni à Rough Trade
juste téléchargé ça

11_Vendredi

{20:54} eh bien voilà j’avais un truc à dire et maintenant

j’ai oublié donc
regardez ce truc

voilà
ça m’est revenu, c’est
une histoire de controleur
ratp

à plus tard