18_Mardi

{21:39}

j’aime beaucoup ce morceau

et celui-là
aussi

1_Lundi

{20:00} Je suis allée voir un concert épouvantable





Si vous lisez ce blog normalement vous ne savez pas qui est Joss Stone. Je la connaissais pas non plus quand R. m’a proposé d’aller la voir au Trianon. Je pensais que ce serait un bon entrainement avant la rentrée du Non_Jazz. On était invités par C., un producteur de schlagers qui arrondit ses fins de mois en jouant du clavier sur sa tournée. C. est dans le show business, il a un studio dans un moulin à quelques kilomètres de Munich où il fabrique des chansons à la chaîne. On lui a rendu visite cet été, c’est un gars très marrant bien qu’il travaille pour le diable.

A 20h on étaient deux à repousser les vibes dans une salle remplie de fans de Barbie Ashram. Les vocalises se cassaient les dents sur mes boules Quies, j’avais tout le temps d’apprécier la navrance des paroles, une exploration complète du pathos féminin : chercher un prince et se faire larguer. Je pouvais voir les cascades d’émotion rouler sur les ados du premier rang, se répandre sur mes voisines et essayer de s’infiltrer à travers mes mousses protectrices.

La pression est montée d’un coup quand Joss Stone nous a demandé sur un ton badin si on étaient bien avec elle ? Là les gens ont commencé à vraiment se déchainer et à hurler des “yes” délirants mais c’était pas assez fort pour Joss Stone qui a répété la question et à chaque fois la réponse était plus aigüe. J’avais les mains moites et la tête tendue comme un bouclier en fonte, je pensais à Jendrek Zagorski, et je n’étais même pas sure que R. passait un mauvais moment. Après ça la foule est devenue tellement compacte que j’arrivais même plus à imaginer me barrer.

C’était l’heure de la chanson triste, comme si cette mascarade n’était pas déjà une longue métaphore sur l’amour impossible et pas réciproque. Imaginez la souffrance d’une fille de 25 ans qui passe sa vie à boire du coca light dans des bus de luxe, et qui doit dire je vous aime à des centaines de types hideux tous les soirs. Pitié quelle violence, je sais pas, comme si Céline Dion avait avalé Whitney Houston ou quelque chose comme ça, et entre deux gorgées de soft drink des improvisations sur l’âme, “on est tous un”, et des remerciements chuchotés à 120 décibels. Après c’est vrai que j’ai jamais kiffé la puissance vocale, et j’ai un problème avec le lyrisme, la seule chanteuse blonde de soul que je respecte est noire et morte. Ce concert m’a mise au clair avec cette question. Cette fille est un composite de tellement de trucs connus qu’elle glisse comme une tranche de jambon sur un pot de crème Nivea. C’est difficile à expliquer parce que pris séparément elle a tous les attributs de la bonnasse, mis bout à bout ça donne une absence totale d’humanité.

On a tenu jusqu’à la dernière la chanson intitulée ”Leave me alone”, ça s’adresse à un amant pas cool, les fans se sont tout de suite sentis visés et ils n’étaient pas d’accord. Ils ne voulaient plus lui laisser finir son boulot alors qu’elle les suppliait de la laisser alone, et moi aussi, mais ils disaient non non non, ça a duré dix minutes, après ça a encore été les rappels, et puis la lumière s’est enfin rallumée et les mecs de la sécurité ont dispersé tout le monde sauf nous car l’épreuve n’était pas encore finie.

C. est venu nous chercher à la sortie pour nous emmener dans les backstages. Je devais faire une gueule pas possible, en même temps je savais ce qui allait arriver. Les musicos chillaient sur un canapé en réclamant du Ice Tea à leur manager. Joss Stone roulait un joint sur une table avec les deux grosses choristes. Elle a levé les yeux pour nous demander comment on avait trouvé le show, j’ai même pas eu l’impression de me forcer en répondant “great”, et elle est retournée à son roulage. Le plus glauque c’est qu’elle avait l’air moins fausse que moi dans son vieux gilet beige, et puis c’est le genre de lâcheté que je suis contente de pouvoir partager avec vous.


je cherchais une chanson d’amour old school et non embarrassante, il y a ce clip qui circule depuis quelques jours sur facebook. La fille s’appelle Bonnie Banane, elle est française, son flegme est assez bandant. Le morceau est sorti la semaine dernière sur Weird Data, il aurait dû être fait il y a 18 ans, c’est ça le progrès.


16_Lundi

{23:23} «Dans toutes les révolutions antérieures, écrivait Rosa Luxembourg dans la Rote Fahne du 21 décembre 1918, les combattants s’affrontaient à visage découvert : classe contre classe, programme contre programme. Dans la révolution présente les troupes de protection de l’ancien ordre n’interviennent pas sous l’enseigne des classes dirigeantes, mais sous le drapeau d’un « parti social-démocrate ». Si la question centrale de la révolution était posée ouvertement et honnêtement : capitalisme ou socialisme, aucun doute, aucune hésitation ne seraient aujourd’hui possibles dans la grande masse du prolétariat.» Ainsi, quelques jours avant sa destruction, le courant radical du prolétariat allemand découvrait le secret des nouvelles conditions qu’avait créées tout le processus antérieur (auquel la représentation ouvrière avait grandement contribué) : l’organisation spectaculaire de la défense de l’ordre existant, le règne social des apparences où aucune «question centrale» ne peut plus se poser «ouvertement et honnêtement». La représentation révolutionnaire du prolétariat à ce stade était devenu à la fois le facteur principal et le résultat central de la falsification générale de la société.

oui, je sais
c’est facile je cite la société du spectacle et ouaip je mets une video et voilà c’est torché
mais quelle vidéo ?
et quelle citation ?

drôle de coïncidence j’ai justement aujourd’hui
réussi à me débarrasser de mon exemplaire de endless summer
vraiment un disque sans intérêt et que les gens achètent
cher,
enfin relativement cher, une trentaine d’euros
et ils doivent payer le port
et aussi j’ai vendu un autre disque pourri
le double album de polygon window, je me rappelle très bien l’avoir acheté chez rough trade paris
je l’ai mis une fois
ou deux et, aucun souvenir, c’est un disque très ennuyeux
je ne sais pas si vous
êtes prets

pour la video
la citation je sais que ça ne vous empêchera pas de voter
je ne vous en veux pas je crois que j’ai voté
c’était en 1981, puis la déroute
et non je n’ai pas voté chirac
ni rien
c’est minable, des élections
je ne vois pas d’autre mot

n’allons pas plus loin

ah, si
mon livre de photo préféré du monde c’est nudes de lee friedlander
non pas parce qu’il y a madonna nue dedans
mais parce que je suis enchanté de chaque image, et des pages qui se tournent, de la composition du livre
et c’est vrai, parce que c’est une représentation proche de ce qui me plait
dans la nudité, alors même que je trouve la nudité insupportable car c’est l’anéantissement du sexuel

voilà tout

16_Mercredi

{23:58} Je cite

‘Marx, au contraire, croit que les besoins illimités peuvent être satisfaits, ou tendre à l’être, dans une organisation sociale des producteurs eux-mêmes.’

23_Vendredi

{15:58} playing now II

what do I get ?

20_Mardi

{21:24} B.A.

alors ouais je rentre du bureau, qui est à l’autre bout de la région ile de france pour que les profiteurs profitent plus en travaillant moins, et je descends à barbes
là je vois une voiture de flics qui s’arrete au coin, bloquant l’arret de bus et un flic black qui descend pour appréhender un vendeur de mais grillé, vous savez les pakistanais qui font griller des trucs dans leur caddies, je hausse les épaules très énervé et en retard, j’étais en train de penser à la vacuité du combat syndicaliste où l’enjeu ultime auquel on est {je suis, les autres n’ont pas atteint ce niveau de conscience} confronté est de décider d’aller ou pas à la réunion de négociation avec la direction c’est minable c’est tout, je traverse la rue et là je vois un autre type avec un autre caddie et des autres mais grillés entrain d’en vendre à encore un autre type, j’avance et puis je retourne sur mes pas et je dis au vendeur il y a la police de l’autre côté de la rue ils sont entrain d’arreter votre ami, le type regarde il voit la voiture de flics et il me regarde il me dit oh, ah, merci et je lui souris c’est tout puis tout le monde s’éparpille

c’est bien peu de choses

4_Dimanche

{12:02} playing now I

3_Samedi

{11:49} playing now I

13_Samedi

{14:08} playing now I

15_Dimanche

{18:27} à un moment la semaine dernière j’ai pensé faire un petit texte a propos de chaque disque et, c’était juste avant de recevoir une énorme pile de nouveaux

disques
je ne sais pas pour qui ça présente un intérêt

je devrais peut être me contenter d’un texte par pile
là, cette pile est vraiment bien
je dois dire

dans une pile d’avant il y avait ce disque rose que je viens d’écouter une fois de plus et que je ré-écouterais, un disque fait par deux personnes connues et qui pourrait être énervant mais ne l’est pas {Elklink – the rise of elklink lp – Kye 2011/1999}. il y a des voix et des souffles magnétiques aussi bien qu’humains tout se désagrège profondément dans un ensemble pauvre et non poétique
pour compléter ça j’ai ensuite mis le single de the c&b c’est à dire le même type de the shadow ring plus un autre de the shadow ring avant de donner ce nom à ce groupe que je ne connais pas bien mais que j’admire
à distance, ce disque donc qui n’est pas plus amusant et probablement encore plus dénudé mais moins féroce qu’un directeur du fmi sortant de la douche, oui c’est tout l’opposé, un disque enregistré à folkestone {the C&B – 1991 pre shadow ring recordings 7″- siltbreeze 2010} c’est au bord de la mer par des gens qui essayent de retirer tout eux-mêmes et de ne respecter aucun ordre
ensuite j’ai vu par terre un disque qui ne me disait rien et que
je n’avais pas écouté, aucun souvenir de ce disque me suis je dit
ce qui m’a donné envie de le mettre , il faudrait que je le mette vraiment TRES FORT pour pouvoir écrire en tout petit ce qui se passe dans ce disque et qui est déjà TRES ECRIT sur le site du label qui ressort ce chouette truc bizarre qui ne plaira ni aux amateurs de trucs psychédéliques bien propres, ni aux vrais fans des stooges, ni aux amateurs de grosse caisse fondue à la blue cheer et, hot tuna, ouah HOT TUNA il faudrait que je ré-écoute pour voir le rapport… je ne vais pas faire ça, je recommande ce disque OUAIS {the fuckin’ flyin’ a-heads – swiss cheese back 7″ – de stijl 2011/1980} car je viens de le remettre tout de suite et tout m’est apparu finalement
il faut que je le mette vraiment fort