17_Dimanche

{11:00}

There are things that I’d like to say
But I’m never talking to you again
There’s things I’d like to phrase some way
But I’m never talking to you again

I’m never talking to you again
I’m never talking to you
I’m tired of wasting all my time
Trying to talk to you

I’d put you down where you belong
But I’m never talking to you again
I’d show you everywhere you’re wrong
But I’m never talking to you again

I’m never talking to you again
I’m never talking to you
I’m tired of wasting all my time
Trying to talk to you, talking to you

I’m never talking to you again
I’m never talking to you
I’m tired of wasting all my time
Trying to talk to you

21_Mercredi

{6:47} ça

oui, ça

c’est un cadeau

25_Vendredi

{10:29}

on peut être comme tout le monde
aujourd’hui simplement
comme tout le monde

on peut être n’importe qui
juste aujourd’hui

18_Vendredi

{13:04} absence VII

j’ai effacé
absence VI

je peux être très naïf
et involontairement faire
des choses qui me dépassent

là je m’en suis aperçu
c’était tellement évident
vous, vous l’auriez vu
tout de suite et vous,
aussi, toi
nous tous
nous n’avons pas besoin de cette naïveté

ni vous
ni moi

15_Mardi

{16:00} “Why would you deny yourself anything possible!”

ou absence IV
enfin vous voyez
vous arrivez à suivre

cette fois je n’ai pas pris qu’un seul disque, j’en ai pris pas mal

oui j’ai pris l’intégrale hype williams
et les albums solos de dean blunt

The camera frames the legs of VIRIDIANA and DON JAIME, who are moving forward side by side. They stop occasionally, as people do when they are walking and talking together. At first we only hear their voices. Then the camera shows them both completely. The tone of the conversation is normal, except that DON JAIME voice shows evident interest. Hers has less expression.

« What’s up, nigga? Why you so depressed and sad all the time like a little bitch? What’s the problem, man? Niggas want to hear you rap. Don’t nobody care about how you feel, we want raps, nigga. »

il y a un peu une perte de sens
et je suis débordé par mon propre exil

14_Lundi

{9:23} absence II

bonjour, oui je voulais vous dire bonjour
mais je n’étais pas là
vous vous en êtes rendu compte
sans doute, je l’espère mais ça
n’est pas sur, je n’étais pas là
j’ai pris la route et je suis
maintenant
dans une sorte de prison qui n’a
pas de limites, un enfermement infini
j’ai trouvé du thé
j’ai trouvé une tartine grillée
ah non je n’étais pas là
vous avez remarqué

heureusement en lisant ça j’ai repris gout à la détestation d’une certaine forme d’humanité
celle de la loi
celle de l’ordre
et puis j’ai pensé à vous

car je n’étais pas là
et je bois du thé

1_Mardi

{10:23} Puis

subitement je me suis rendu compte de ce qu’il s’était passé hier
Juste avant de traverser cette rue

19_Mercredi

{13:48} écoutez

ça,
qu
oi

pendant ce temps là je peux
moi
faire autre chose

image

10_Vendredi

{19:01} on parle de musique, là, juste de musique. y’a « j’aime », et puis y’a « j’aime pas », tout n’est pas politique ou fait de société, hein, et puis on n’est pas obligés d’être subversifs pour être un bon groupe. Et puis bon, le subversif érigé en principe, ça devient pas une sorte de norme, ça ?

des baffes
qui se perdent

5_Dimanche

{9:51} qui fabriquera

le Golem qui nous protégera de Manuel Valls ?

golem 7

18_Mercredi

{21:57} allez, c’est parti

j’avais perdu le mot de passe
ou autre, chose que j’avais
perdue

vous pouvez m’écrire, mademoiselle, je vous répondrai
mais plutôt demain
soir

Body one, body two, body three, body four
Body one, body two, body three, body four
Numbers
Body one, body two, body three, body four
Body one, body two, body three, body four
Body one, body two, body three, body four
Body one, body two, body three, body four

se réveiller avec des trucs comme ça dans la tête

13_Mercredi

{22:00} moi non plus je ne rigole pas

6_Mardi

{22:54} As from now up to 50 % rebate per order:

As from now up to 50 % rebate per order:
From 3. record per record 1 % rebate.
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65 Records 50 % rebate.

When you order 65 records is the rebate 50 %. 50 % is the highest rebate, also when is your order more after 65 records.

oh, non

je ne sais plus quoi dire
je crois que je vais mettre une video
et ne plus partir une semaine en vacances

en plus, vous savez déjà ce que je vais dire
de tout ça

il y a un disque que j’ai déjà

achat pour revente
misère

2_Mardi

{16:54} WROTE FOR LUCK

{écrit par Elise Vertige, pour nous… Merci}

Comme je ne dors plus que cinq heures par nuit depuis un mois, j’ai vachement plus de temps qu’avant pour penser à plein de choses et puis, parce que j’ai lu ici les belles apparitions de Guy Mercier et Goo Blum et qu’il y a longtemps que je voulais dire deux ou trois choses sur les Happy Mondays et que là, il est sept heures du mat’ et que j’ai rien d’autre à foutre, je me suis dit : « Pourquoi pas m’y mettre maintenant? » J’y connais pas grand-chose en musique, les chapelles m’ont toujours emmerdé, je flâne, parfois je cueille, j’ai toujours eu des passeurs pas trop loin (Dorine, tu m’entends ?), et puis les Happy Mondays, c’est un truc d’enfance, c’est le jour où Grégory, mon cousin, un passeur lui aussi, et pas des moindres, m’a emmené voir mon premier concert, c’était au Bataclan, c’était en mars 1990 je crois, et c’est Bez, celui qui ne fait que danser au milieu du bordel, qui m’a vendu mon premier exstasy. C’était à l’entrée, il essayait de refourguer des places comme n’importe quel vendeur à la sauvette et il avait des exstas plein les poches. Alors mon cousin lui en a acheté un qu’il a partagé en deux. Je l’ai avalé et après, je me souviens pas des détails sauf que c’était magnifique et que tout le monde dansait au ralenti sur la scène en fumant des gros zblifs, les yeux révulsés, le sourire béat, et au sommet de la montée, je me suis dit : « Putain, c’est trop bien le rock, c’est comme les montagnes russes, comme l’anarchie, un truc délire et bon esprit, une musique de poissonniers, une eucharistie, une attitude », et puis faut dire que sur scène, elles étaient drôles ces petites frappes de Manchester.

(la vidéo au Ritz de New York donne un bon aperçu de l’ambiance dégénérée des concerts qu’ils firent cette année-là )

C’était comme s’ils s’acharnaient à faire passer leurs morceaux pour de l’improvisation. J’avais jamais eu l’occasion de voir un truc pareil dans ma banlieue de merde sauf quand on faisait de grands feux en lisière de forêt exprès pour se faire pourchasser par les flics. Un peu plus tard je partirais six mois à Londres et j’achèterais tous leurs premiers singles. Je les ai encore parmi tous les vinyles qui traînent dans la cave de ma mère.
Leurs deux premiers albums sont magnifiques, ainsi que les pochettes. Le premier, Squirrel and G-Men, c’est John Cale qui l’a produit. Le son est crasseux, ils savent pas encore très bien jouer, mais il se passe un truc : c’est lourd, c’est poussif, ça racle, ça suinte, ça traîne, la voix de Shaun Ryder emmène tout ce petit monde on ne sait pas trop où, ça pourrait être le pire truc jamais entendu et pourtant c’est beau comme l’incertitude des mouvements musculaires dans les plaies des parties molles de la région cervicale postérieure. Au fond, ce que j’aime bien chez eux, c’est que comme ils savaient pas trop bien jouer, ils ont donné au « poussif » ses lettres de noblesse (c’est des Anglais, hein, faut pas oublier), ajouté à ça un je-m’en-foutisme comme on a rarement vu dans l’histoire de la création. Pour leur troisième album, Pill’s and Thrills, un ratage complet, le début de la fin, ils se débrouillent pour enregistrer aux Barbades où ils restent des mois à dépenser tout le fric de la production et à prendre toutes sortes de drogues, parce que le saut dans le vide, y a que ça à faire. La notoriété, ils en rient parce que c’est du vent, c’est comme une montée d’exsta, pas plus. Ils savent au fond qu’ils reviendront toujours à Manchester, leur port d’attache, aucune illusion déplacée ou ego purulent : ils savent de quel quartier ils viennent. On ramasse, on prend, on se marre, on liquide tout, on disparaît. C’est beau comme une inhumation précipitée. Quand ils apparaissent à la télé, c’est complètement défoncés : ils pourraient être en train de siroter leurs pintes dans leur bar favori, ce serait pareil, toute cette agitation n’a aucune importance, allons au bout de la provoc’ en dansant, le reste on vous le laisse, c’est sale, on restera toujours au-dessous de tout ça : ce qu’on aime nous c’est la foirade. Leur second album, Bummed, démarre sur des croassements, ils annoncent la couleur tels des oiseaux de mauvais augure : en Angleterre on nait prolo et on reste prolo jusqu’à plus soif. Les paroles de leurs chansons, c’est du grand n’importe quoi, on n’y comprend rien, même les surréalistes ne sont jamais parvenus à un aussi grand degré d’abstraction. Les titres, c’est pareil : Tart Tart, Kuff Dam ou Brain Dead sont selon moi des chefs d’oeuvre, ils ressemblent à Bez et à Shaun Ryder, ce couple électrique aux carcasses défaites par l’abus d’hallucinogènes. « Madchester », les journalistes ont appelé ça mais seuls les Happy Mondays valaient le coup je crois à part une ou deux autres exceptions peut-être. Bref, les Happy Mondays ce fut avant tout un cirque, un truc pour gens pas sérieux, une des dernières tentatives pour faire danser toute l’Europe avant que les concerts deviennent réglementés comme tout le reste, une anarchie joyeuse et couronnée, un truc qui me va droit au cœur parce que c’est la fin de mon enfance qui s’est jouée là et que sans eux, peut-être, je rigolerais moins aujourd’hui. Danser le sourire aux lèvres au milieu de la catastrophe, y a que ça à faire mes bons amis, sinon on coule : les Joyeux Lundi ont fait les deux.
God Bless.

Elise Vertige

17_Lundi

{20:57} potlatch

25_Mercredi

{11:37} wouh

je viens de lire un texte
vraiment très bête!
ça me fait plaisir
de le partager avec
vous, oui vraiment

18_Lundi

{18:49} et aussi ça

je dis ça
parce que j’ai
eu des cadeaux
car je suis
un père

méritant

salut

1_Vendredi

{13:34} des trucs comme ça

j’ai finalement écouté meurtre
et
ça m’a plu

il se trouve que je dois rectifier une erreur a propos du 45t de drosofile sur SDZ
il y a bien normalement un papier dedans
c’est dans mon exemplaire à moi qu’il n’y en avait pas
dites donc {le mec dis n’importe quoi ça ne ressemble en rien à brainbombs, c’est du spizz première manière sans la machinerie électronique, voyons}

ok je mets une video des equals

en écoutant le CD d’Evolve
sur le label Tanzprocesz dont les qualités de vente agressives ont été démontrées
ce fameux week end dernier, je repense à la musique de x-files, un morceau m’y fait penser
tous les soirs je me dis, oui je dois penser à mark snow, penser à mark snow y penser
et grace à ce très bon disque de hip hop cut up cool j’ai pris le temps de chercher
ce truc, je ne sais pas pourquoi comment jo a décidé de sortir ce CD, il est en tous cas très bon
DANA SCULLY WAS IN A COMA oui, oui
j’en suis là
pourquoi est ce que je regarde maintenant, avidement, x-files, alors qu’à l’époque je ne voulais pas en entendre parler {je m’en souviens parfaitement}, je crois que c’était l’époque où je détestais la télé mais maintenant ça n’est plus vraiment de la télé c’est de la piraterie
et franchement j’adore x-files

a propos de pirates, je m’apprêtais à essayer de voter pour ces gens là au 1er tour et non je regarde leur clip de campagne, qui est neuneu mais bon quelques idées surnagent, et PAF A LA FIN je vois les logos d’un des pires trucs qui existe, cette saloperie de Creative Commons!
bravo les pirates, vous n’avez pas entendu parler d’un truc pas mal je vous l’apprends alors
ça s’appelle le domaine public
{je ne mets pas de lien ici car la plupart sont phagocytés par cette saloperie de CC avec ses logos et sa bureaucratie}
vous croyez qu’il y a un problème à ce que l’on rediffuse votre clip tout nazou sans ses petits logos bien pensants, sans son attribution à votre parti, vous craignez que quelqu’un s’en serve commercialement ? les pirates tremblent devant le partage
c’est ridicule et bête et contre tout ce à quoi j’aspire
ici un argument parmi tant d’autres
donc le parti pirate, salut

quand je regarde x-files ça me donne envie de faire de la musique
c’est fou, ce truc, et je crois que cette musique donnerait un peu ce qu’il y a dans ce disque d’evolve
ou dans ce cd de mark snow
du coup je n’en joue pas

sinon je vous engage à lire ce compte rendu passionnant d’un concert qui se produisait à quelques mètres de moi,
seulement, je n’ai pas bougé
je regrette juste de ne pas avoir vu la tête de Marine
enfin on peut la lire

merci de votre attention

28_Lundi

{11:02} je ne me considère pas du tout 
comme ‘dessinateur’, de moins en moins d’ailleurs.

J’écoute un disque de Graham Lambkin et Jason Lescalleet. Je crois que j’ai commencé à écouter les disques de Lambkin et d’Elklink parce qu’un dessinateur m’en a parlé dans les quelques emails qu’on s’est échangés. Il me parlait plutôt de ses dessins d’ailleurs – bref, de toutes façons il a arrêté de répondre à mes emails. Plus récemment, je lisais sur un blog je crois, de la part de Guy Mercier, qu’il ne comprenait pas pourquoi Amateur Doubles de Graham Lambkin lui plaisait autant.

En tous cas, énoncer précisément les raisons qui font que c’est aussi bien est compliqué.

C’est plus facile de pointer les raisons pour lesquelles c’est mieux que, disons, par exemple, un film de Jacques Audiard ou un livre de chez Shelter Press : parce que ça ne relève pas d’une manifestation de l’air du temps, parce que ça ne participe pas fièrement (je n’arrive pas à savoir si c’est de la fierté ou de la stupidité – les deux ?) du système de la réclame, qui n’est lui-même que la part la plus cynique du système capitaliste. Ça n’est pas de la pub, ça n’est pas un produit qui vise à rassurer les gens sur le fait qu’ils sont au bon endroit, qu’ils possèdent les goûts qu’il faut, qu’il adoptent le comportement adéquat, voilà.

Mais je m’égare.

Il y avait aussi quelque chose que j’essayais de formuler hier soir en regardant notre chat, quelque chose à propos de l’équilibre à trouver entre insularité et porosité. Mais je ne suis plus du tout certaine qu’il s’agisse d’une idée valable. Ou encore, je pensais à l’odeur des vibrations – mais je ne sais plus exactement ce que ça veut dire.
Je lis des descriptions et des critiques d’Amateur Doubles, justement, donc je le cherche (sans le trouver) à télécharger. Alors j’envoie un email pour commander Millows. Pour l’instant, personne ne répond.

Quand j’essaie de rassembler mes idées, de me souvenir de ce que j’ai entendu quand j’ai écouté Salmon Run ou Softly Softly Copy Copy, il y a des bruits de ventilation mécanique et de couverts en métal. Je veux dire, c’est de ça que je me souviens, avec aussi des lambeaux de musique classique et le son d’une respiration.
Ca me fait penser : on parlait avec ma mère de la manière dont fonctionne la mémoire humaine, du fait qu’on n’accumule pas les souvenirs comme on le ferait avec des dossiers, rangés dans des tiroirs, mais en fait notre cerveau rejoue pour nous le souvenir, à chaque fois qu’on y repense. C’est une recréation permanente, et non pas des données stockées dans un système d’archives organiques.

(et donc l’idée, dans Fringe, que les personnages de l’univers alternatif prélèvent des morceaux du cerveau de Walter Bishop comme on met la main sur des cds de données, données qu’on pourrait récupérer via un lecteur approprié, apparaît comme une faiblesse de plus dans l’écriture de la série)

Bref, on vient de me répondre (pour l’achat du Graham Lambkin) et j’ai envoyé de l’argent. Je vous tiendrai au courant.

Je finis sur une anecdote comique, quand même :
Mon ami Stéphane s’est rendu la semaine dernière à la librairie BD Spirit, pour y vendre quelques exemplaires d’un livre dont je suis l’auteur. La personne qui tient la boutique, Manuel, lui dit alors qu’il en possède déjà personnellement une copie. En effet, il est voisin du label Ed Banger, et un matin, en passant devant leurs locaux, il a vu mon livre, neuf ou presque, qui dépassait de leur poubelle.

Je n’arrête pas d’y penser. Je trouve ça formidable.
J’imagine que ça me rassure sur le fait que je suis au bon endroit, que j’adopte le comportement adéquat.

20_Dimanche

{12:55}

Rien ne se passe jamais comme prévu : j’avais posé quelques livres sur le lit, fait couler du café et téléchargé les EPs de My Bloody Valentine.

Ensuite je m’arrête, j’écoute la musique. Je ne trouve pas ça désagréable, des fois même très joli. C’est problématique il me semble (de trouver ça tellement mignon ?). En tous cas, je réfléchis. Je vois sur twitter l’annonce du post de Guy, je viens écouter le premier morceau (pas encore le deuxième). J’ai oublié les livres et le café refroidit. Mais le morceau me plait.
Me revient en tête l’ébauche de quelques idées que je voulais écrire ici. Mais c’est flou (bien sur). Alors je remets My Bloody Valentine en fonds et je lance X-Com (c’est un jeu) que j’ai téléchargé en torrent, dans une version pour mac. Je tue des aliens et je mets des armures à mes troopers.
J’ai perdu une heure. La musique s’est arrêtée ; je vais sur Itunes (je suis en train de ranger mes fichiers, depuis que je me suis rendue compte qu’il y avait plein d’albums que je n’avais jamais écoutés). Je mets un truc de Möslang et Guhl qui a l’air très bien. En fait ça dépend : on dirait parfois le free jazz que j’écoutais il y a 10 ans, quand j’allais à Musique Action, à Vandoeuvre, avec des gens qu’aujourd’hui je ne vois plus. J’ai vu, en vidant mes dossiers de spams, que certains de ces gens sont maintenant des poètes sonores reconnus. D’autres font de la musique. Il y en a certains que je vois toujours, bien sûr.
Bon maintenant je repense à autre chose, d’une autre manière (ce qui veut à peu près dire que je ne sais pas vraiment à quoi je suis en train de penser – enfin ça ne veut rien dire, vraiment).

Bref, il y a cette perspective bizarre, dans laquelle je nous vois tous, des silhouettes colorées sur un plateau en carton. Je vois ceux qui font de la musique, de la poésie, des livres. Je nous vois 10 ans (15 ans) plus tôt. Je vois les autres, je me vois moi. Je me demande où se situent les choix qu’on a fait, ou pourquoi on les a faits.
Est ce qu’on est là où on voulait être ? Oui la question est un peu con, évidemment.

A un moment le disque de Norbert Möslang et Andy Guhl était pas mal, mais maintenant c’est assez franchement chiant (j’ai mis le My Bloody Valentine à la corbeille, aussi).

Avant, j’expliquais que je m’étais fait tatouer pour inscrire sur ma poitrine un rappel à l’ordre : que le moi de demain (d’aujourd’hui donc) se souvienne qu’il évolue sous le regard sévère du moi d’aujourd’hui (hier). Enfin bon, ça ne se passe donc jamais comme prévu et aujourd’hui je suis incapable de savoir ce que j’aurais pensé (ce qu’on aurait pensé, ces amis, ces anciens amis et moi) de ce que je fais aujourd’hui, de ce qu’ils font. Je me rends compte, seulement, que rien ne colle vraiment derrière l’aspect d’une correspondance parfaite, d’une adéquation idéale entre nos aspirations de jeunesse et nos activités actuelles. Enfin, je ferais mieux de ne parler que pour moi. J’imagine que d’autres sont peut-être satisfaits, ou ravis, ou fiers.

J’avais prévu de mettre un morceau d’Ornella Vanoni, mais en fait non.