donc, nous vivons dans un pays
où il est bel et bon d’aller tuer des arabes et des noirs qu’on ne connait pas
dont acte
nous vivons dans un pays
où un jour le journal télévisé parle de la météo pendant 25 minutes
et le lendemain il parle de la démission d’un nuisible confessionnel
un pays, oh, laïc
pendant les mêmes 25 minutes
après il y a la pub pour les tic tac
après il y a la pub pour les
oh, je ne sais pas quoi
donc, voilà
DONT ACTE
moi aussi je peux démissionner de mon rôle d’intellectuel bon à rien, salonard d’internet, d’ultra gauche ou je ne sais quel nom ils vont trouver dans le journal
je peux démissionner, moi aussi
mon dernier acte {si on peut appeler ça ainsi, misérable acte de l’écriture, ah ah, dissidente!} est de vous citer ceci:
la longue chaîne qui rend possible la satisfaction de ce plaisir démocratique : s’acheter un journal. oui je l’ai lu dans le journal qui demain, je le sais, parlera de la démission du brandisseur de goupillon en chef, je l’ai lu et quand je lis ça, je prend le journal de la gueule du chien qui le porte encore, toujours, je le prends et je le jette à travers la pièce, des dents de chien serrées sur le papier explosent au travers de l’air et viennent se ficher dans le mur avec les autres dents du même chien, l’article prend sa place sur le mur avec toutes les ignominies les plus terrifiantes de ce même journal. on imagine bien le lecteur, oui de ce journal, à la table du petit déjeuner avec sa pipe qui s’offre ce plaisir démocratique et qui fume sa satisfaction d’acheter.
rien qu’écrire ça me met hors de moi
donc je démissionne et
je vais vous parler de l’industrie du comic book
dans toute sa complexité et sa splendeur parfois, qui détruit en permanence justement cette possibilité de beauté à cause de considérations industrielles {demorand dirait démocratiques} et qui parfois créée de la beauté dans cette logique implacable de l’industrialisation et l’usage, l’exploitation, du génie des humains qui participent parfois à ça et parfois ne veulent plus, disparaissent, bon scarlet, dont le nouvel épisode vient de paraitre, a été arrété pendant plus d’un an, c’est l’histoire d’une jeune femme qui a tué des flics parce qu’ils étaient corrompus et qu’il n’y avait plus d’autre solution dans cette société que de les tuer directement les tuer, elle devient une héroine popuaire de la révolution et le nouvel épisode est assez joli et je vous le recommande il y a un discours un peu anti-occupy que je trouve assez plaisant et bienvenu, parfois je pense à l’altermondialisme et je me demande ce qui s’est passé où sont ils passés, est ce que la mort de quelques uns d’entre eux, d’entre nous, aura suffit à en finir avec ce mouvement, la mort sanglante et horrible commandée par les dirigeants avec leurs petits plaisirs démocratiques bien à eux de la guerre et de la répression, la terreur qu’ils instillent dans le monde TOUJOURS , parce que vous votez pour eux, parce que vous prenez n’importe qui comme ami, parce que vous n’avez aucune exigence sur rien, parce que vous mourrez comme dse porcs à l’abattoir en pensant à dieu ou la réincarnation en escargot ou autre croyance, toujours une autre croyance, un plaisir démocratique qu’on achète comme un autre et qui n’engage à rien, une consommation laïque et donc religieuse désormais
scarlet est écrit pas un monsieur qui s’appelle brian michael bendis, un chauve un peu rondouillard, il se trouve qu’il est devenu un peu spécialiste de la mort des super heros, tout d’abord la mort de spiderman qui est maintenant revenu sous la forme d’un jeune garçon noir qui découvre la vie, la vie de super héros
et ça n’est pas seulement mignon, non, il réussit à se faire accepter dans l’équipe par captain america qui est quand même une espèce d’ordure bleu-blanc-rouge bas du front, un héros anecdotique lui même dessiné ailleurs par le géant samnee, et puis maintenant bendis s’occupe de la mort de daredevil, dans la série limitée end of days, c’est violent et c’est beau
peut etre que c’est intelligent on verra bien à la fin de la série, toujours est il que cette histoire est portée par un journaliste, un vrai, pas un branleur online qui attend les tweets de reuters pour savoir si untel est mort ou si il neige, un vrai qui part chercher pourquoi daredevil est mort et c’est vrai que je n’ai pas grand chose d’autre à chercher, moi démissionaire, à savoir, pourquoi daredevil est il mort ? pendant ce temps daredevil n’est pas mort, non sa série continue ailleurs encore, il est dessiné par chris samnee oui regardez un peu
le même samnee qui s’était fait interrompre son thor parce qu’il n’avait pas su décider, avec l’auteur, si c’était une histoire pour enfants ou une histoire pour adultes alors le choix a été industriel et c’est tout, fini, ensuite il s’est mis à dessiner URGH captain america, je déteste en fait Marvel sauf que je peux toujours écrire ça indéfiniment mais le troisième truc que j’adore en ce moment c’est la nouvelle série hawkeye, un truc Marvel
bien sur le style de dessin est assez proche de celui de samnee et la narration, je dirais, européenne, je ne sais pas le dire autrement et d’ailleurs je n’ai pas exactement trouvé à quoi ça me fait penser {pas floch quand même ?!} suffit de dire que le nouveau hawkeye est enthousiasmant et fait sourire, physiquement sourire, rend heureux et ne fais pas chier avec la démocratie pour autant, le héros règle les problèmes des gens de manière individuelle et par des interventions directes et ciblées, complètement subjectives, il faudrait que je relise le journal de Manchette pour savoir si ça correspond aux qualités de son anti-héros de l’époque contre-révolutionnaire
notre époque
je termine avec une notule a propos d’un titre DC, animal man, qui est tombé bien bas et je suis persuadé que c’est en grande partie du à la piètre qualité des écritures de jeff lemire, ou à sa veulerie et son renoncement par rapport aux demandes de ses capitaines de l’industrie comics, toujours la même chose il faut que les héros des autres franchises interviennent dans la tienne, mec, même si ça n’a aucun sens, même si ils n’ont rien à faire là, rien, ils sont là et j’allais dire qu’animal man est de plus en plus mal dessiné sauf que dans le dernier numéro il y a un miracle: la moitié des pages sont dessinées par un autre type que le pas terrible steve pugh, elles sont dessinées par, euh attendez, timothy green II {on est obligé de retenir ces noms parce qu’on ne peut pas faire confiance à l’industrie, il y a des individus qui agissent en artiste CONTRE l’industrie, parfois temporairement et il faut les connaitre, parfois contre leur propre nature même et contre leur propre style} donc on passe d’une page dessinée par l’un d’une certaine manière à une page qui est la suite de l’histoire dessinée par l’autre dans un style radicalement différent, et cela est distrayant, cocasse, bizarre et chouette. alors que l’histoire n’a plus aucun intéret car elle est désormais envahie par les considérations mercantiles des propriétaires, probablement les mêmes considérations qui font que la moitié des pages sont de X et l’autre de Y, d’ailleurs.
ok, message
hommage à nos morts
aussi

alors que dans le pressage américain je n’ai rien
excellent disque de henry cow
{vous voyez je suis dans le descriptif, bon, moi aussi} et puis, à l’intérieur, ce film me fait penser au cinéma. mais bien sur il nous fait tous penser au cinéma à sa façon, un film à sketch qui est un genre en soi, une genre que j’ai toujours détesté mais pas seulement.
une série télé en somme, ce qui fait qu’aujourd’hui je peux accepter cette forme sans doute ou qu’exceptionnellement je serais en dehors de mon propre texte. Raconter une histoire qu’on a vu ça n’a rien à voir avec le cinéma. RIEN. ici l’histoire(s) n’est pas racontable, n’a pas d’intérêt ne révèle rien, le film si. Mais le film ne révèle rien qui soit transmissible en texte, seulement c’est bien. A un moment je pleure, à un moment je trouve ça très drôle. ça m’est tout à fait étranger et ça m’est tout à fait subtilement familier. comme je vois la lumière d’automne de belle de jour et même les habits, sans doute un velours côtelé et une gueule cassée. comme je vois, oui c’est vrai vous me l’avez dit, la bourgeoisie, la relation avec bunuel est encore très évidente. je ne sais pas si vous voulez parler de la révolution, je ne crois pas mais si on ne parle pas de la révolution alors bourgeois ne veut rien dire, c’est du texte et pas de la matière. Je peux aussi bien penser petits seins. Lumière verte, fabrication. L’identité, je ne devrais pas avoir à vous le dire, c’est de la fiction, il y a beaucoup de choses que je n’ai pas envie de dire a propos de ce film ce à quoi servent les autres, à ne pas être nous. C’est vrai qu’à un moment au tour des champs-élysées j’ai pensé le texte robbe-grillet eh bien rien que ça je trouve ça extraordinaire, non je n’ai jamais aimé particulièrement ce type par contre j’aime passionnément l’ennui et je hais le blanc, mais le blanc m’attire le blanc de l’argent et de la vulgarité; alors que là c’était la nuit et il y avait ces lumières toujours de fête des champs-élysées. je trouve que c’est une bonne chose de tuer quelqu’un à la terrasse du fouquet’s peut être aussi parce que ma tante était dame pipi dans cet établissement, peut être aussi parce qu’elle travaillait chez pathé cinéma c’était tout en bas de l’avenue. C’était l’époque, c’est très nostalgique. Les ouvreuses, c’est étrange une personne dit qu’elle aurait bien aimé prendre une glace pendant le film et une autre dit qu’elle retournera au cinéma quand on pourra y fumer, deux personnes qui ne se connaissent pas a propos du même film… moi je voudrais pourvoir entrer et sortir quand je veux; je ne le faisais jamais. Toutes ces possibilités qui n’existent plus, des machines qui sont remplacées par des machines. Oui j’aime beaucoup quand ils jouent de l’accordéon, vraiment beaucoup parce que ça me fait penser à la musique de la révolution
, {peut etre qu’on ne rasera pas les églises, je ne suis plus sur de ça} cette révolution là vous comprenez bien ce que je veux dire, ou bien vous êtes mes ennemis. Après la révolution il y a peut etre l’identité, on n’en sait rien, ça n’a pas d’importance
pour l’instant il n’y a que l’innovation et la beauté, ce qu’il faut détruire.



je crois que c’est un comic book fondamentalement matérialiste alors que swamp thing {version actuelle} est un comic book idéaliste, ils parlent de la même chose mais l’un MAL et l’autre BIEN {c’est à dire comme nous pensons nous le monde} et pourtant ma couleur préférée est le vert,
non toute cette communication avec la, bah, nature, je peux le lire tourner les pages mais je n’en ai RIEN A FAIRE alors que le corps humain, les petits animaux squelettes avec un peu de plumes ou de chair accrochée, les mares de sang, OUI

en plus c’est même pas le numéro 24,




et 
